Égalité hommes-femmes au travail : les nouveautés en 2021

EGALITE HOMMES-FEMMES AU TRAVAIL : LES NOUVEAUTES EN 2021

égalité hommes-femmes
 
La journée internationale des droits des femmes, officialisée par les Nations unies en 1977 et célébrée tous les ans le 8 mars, est l’occasion de faire le bilan sur l’égalité des sexes au travail.
Découvrez les derniers chiffres et les nouveautés en termes de parité en entreprise.

Femmes et marché du travail en France : quelques chiffres

Chiffres Hays : Selon une enquête menée par Hays France & Luxembourg auprès de 300 personnes : dans le cas où ils seraient témoins d’un agissement sexiste ou d’une discrimination basée sur le genre au travail : 47 % des répondants déclarent qu’ils en informeraient un manager/référent, 45 % qu’ils interviendraient directement auprès de la victime ou de l’agresseur. 8% déclarent qu’ils ne feraient rien. 

Inégalités salariales : En 2017, les femmes ont perçu en moyenne un revenu salarial annuel inférieur de 28,5 % à celui des hommes dans le secteur privé, selon une étude publiée le 18 juin 2020 par l’Insee. Plus de 40 % de cet écart s’explique par les inégalités de temps de travail, les femmes travaillant bien plus souvent à temps partiel que les hommes. 

Baisse des écarts de salaires : L’écart entre les salaires moyens pour les salariés à temps complet se réduit depuis 1976, de 0,3 point par an en moyenne, d’après l’Insee.

Inégalités salariales à poste égal : En 2017, au même poste, dans une même entreprise et à temps de travail équivalent, l’écart de salaire moyen entre les deux sexes est de 5,3 % dans le secteur privé (Insee). En revanche, le ressenti peut-être différent de la réalité. En effet, d’après le rapport sur la mixité au travail mené par Hays en 2017, 71 % des personnes interrogées estiment que leurs collègues et eux-mêmes sont payés/récompensés de manière égale, à compétences équivalentes et indépendamment de leur sexe.

Postes de cadre : 19 % des salariés en poste sont cadres ou occupent des professions intellectuelles supérieures, selon une étude de l’Insee. En 2019, 58 % d’entre eux sont des hommes contre 42 % des femmes. Elles n’étaient que 21 % en 1982. 
 
Parentalité et emploi : Les mères ont 60 % de chances en moins que les pères d’accéder aux 1 % des emplois les mieux rémunérés. Après trois enfants, l’écart de salaire est de 31,3 % à temps de travail équivalent (Insee).
 
Temps partiel : Près de 80 % des salariés à temps partiel sont des femmes en 2017 selon l’Insee, aggravant donc les écarts de rémunération entre les hommes et les femmes. 
 
Chômage : En 2019, le taux de chômage est équivalent pour les femmes et les hommes de 15-64 ans (8,4 % pour les femmes, 8,5 % chez les hommes). 

2020 : les inégalités mises en lumière par l’épidémie de Covid-19

Chaque année, le ministère de l’Égalité entre les femmes et les hommes, de la Diversité et de l’Égalité des chances publie les « Chiffres clés de l’égalité », mettant à jour les inégalités entre les deux sexes.

L’édition 2020 a pu montrer que les femmes sont très majoritaires dans les métiers dits en première ligne :

•    Métiers d'aide aux personnes et métiers de la propreté : 83 % sont des femmes
•    Enseignement : 67 % 
•    Médecins et personnels non médicaux à l'hôpital : 77,3 % 
•    Etablissements d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) : 87,4 % 
•    Secteur de l'alimentaire : 48 %.

Élisabeth Moreno, ministre déléguée auprès du Premier ministre, rappelle dans l’éditorial de cette étude que ces métiers « sont souvent faiblement rémunérés, insuffisamment valorisés socialement, parfois précaires ».

Quelles sont les nouveautés en termes d’égalité hommes-femmes en entreprise ? 

Index égalité professionnelle hommes-femmes

Les entreprises d'au moins 50 salariés avaient jusqu'au 1er mars pour calculer et publier leur Index de l'égalité professionnelle entre les hommes et les femmes. En cas d’Index inférieur à 75 points trois ans de suite, l’entreprise pourra être exposée à une amende qui peut aller jusqu’à 1 % de la masse salariale.

Instauré par l'ancienne ministre du Travail Muriel Pénicaud en 2018, l’Index mesuré est une note sur 100 points, calculée à partir de quatre à cinq indicateurs qui varient selon que l’entreprise fait moins ou plus de 250 salariés :

•    L’écart de rémunération femmes-hommes,
•    L’écart de répartition des augmentations individuelles,
•    L’écart de répartition des promotions (pour les entreprises de plus de 250 salariés),
•    Le nombre de salariées augmentées à leur retour de congé de maternité,
•    La parité parmi les 10 plus hautes rémunérations.

En octobre 2020, 16 680 entreprises de 50 à 250 salariés n'avaient pas encore rempli l'Index d'égalité professionnelle, obligatoire pourtant depuis mars. D’après la ministre du Travail Elisabeth Borne, 4 000 interventions ont été effectuées « malgré les urgences liées à la crise », avec 116 mises en demeure (dont 93 pour non-déclaration et 21 pour absence de mesures correctives). 

10 ans après la loi Copé-Zimmermann : le bilan

Votée en 2011, la loi Copé-Zimmermann visait la mise en place d’un quota minimal de 40 % de femmes dans les conseils d'administration des grandes et moyennes entreprises. Dix ans plus tard, la France est à la première place européenne en matière de féminisation des conseils d'administration dans les grandes entreprises.  

Au total en janvier 2021, 44,6 % des sièges sont occupés par des femmes dans les entreprises du CAC 40 (elles étaient seulement 20,6 % en 2011), et elles sont 45,2 % dans celles du SBF 120, un indice boursier qui rassemble les 120 plus grandes sociétés françaises.

Pour autant, sur 40 entreprises du CAC 40, une seule est dirigée par une femme (Catherine McGregor chez Engie). Les comités de direction ne comptent quant à eux que 17 % de femmes. Bref, malgré les efforts, le plafond de verre persiste.

Allongement du congé paternité à partir du 1er juillet 2021

L’une des mesures phares cette année en matière d’égalité hommes-femmes est l’allongement de la durée du congé paternité. À partir du 1er juillet 2021, il passera ainsi de 14 à 28 jours, dont 7 obligatoires.

L’objectif de cette réforme est avant tout de :

•    Accompagner les premiers mois de l’enfant pour lui offrir de meilleures conditions de développement.
•    Contribuer à un rééquilibrage des tâches domestiques et parentales entre les parents.
•    Alléger la charge mentale des mères et réduire les inégalités hommes-femmes, notamment les discriminations à l’embauche des femmes.

Malgré les mesures du gouvernement pour interdire toute forme de discrimination envers les femmes, les inégalités entre les deux sexes sur le marché du travail perdurent et les comportements  peinent à évoluer. D’ailleurs, une étude de l’Insee révélait en 2011 qu’une personne interrogée sur quatre (hommes et femmes compris) pensait qu’en période de crise économique, les hommes devraient être prioritaires sur les femmes pour trouver un emploi. Si les mentalités ont peut-être évolué depuis, dix ans plus tard, il reste encore du chemin à faire.
 
Marion Gadot, Head of Talent Management, en collaboration avec Noémi Capell. 

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