A quel point la crise va-t-elle bouleverser nos habitudes de travail ?

A QUEL POINT LA CRISE VA-T-ELLE BOULEVERSER NOS HABITUDES DE TRAVAIL ?


Dans ce contexte de crise sanitaire et économique, nous entendons beaucoup parler du « monde d’après » dans les médias. Chacun a ses théories et beaucoup s’amusent à imaginer comment cette épidémie va impacter nos façons de travailler. Ces réflexions sont par ailleurs indispensables pour anticiper les changements à venir et s’adapter au mieux.

Flexibilité, télétravail, espaces de travail ou encore équilibre entre vie privée et vie professionnelle, nos habitudes de travail vont-elles durablement changer face à cette épidémie ?


L’essor du télétravail

Alors qu’avant la crise seulement 3% des salariés étaient en télétravail au moins un jour par semaine, pendant le confinement ce nombre a grimpé à 39% dans les entreprises de plus de 10 personnes (Source : Le Figaro). Et cette situation n’est pas près de finir puisque le gouvernement préconise de maintenir le télétravail pour les entreprises qui le peuvent, peut-être même jusqu’à cet été.

 

Alors qu'avant la crise seulement 3% des salariés étaient en télétravail au moins un jour par semaine, pendant le confinement ce nombre a grimpé à 39% dans les entreprises de plus de 10 personnes.

 

Mais ensuite, lorsque l’épidémie sera maîtrisée, qu’en sera-t-il ? Les salariés qui ont pu goûter au télétravail pendant cette crise auront-ils envie de continuer à travailler depuis chez eux ?  Observera-t-on une augmentation du nombre de télétravailleurs ?

Selon une étude menée par Malakoff Humanis, il est très probable que cette pratique s’ancre de plus en plus dans nos vies professionnelles, qu’elle soit partielle ou à 100%. En effet, d’après cette enquête, 73% des salariés en télétravail souhaitent continuer à travailler depuis chez eux, 32% de manière régulière et 41% ponctuellement. Ce qui les a convaincus ? La flexibilité et l’autonomie que cette façon de travailler peut leur apporter, mais aussi le sentiment de pouvoir mieux gérer leur temps et mieux se concentrer, loin des bruits de l’open-space.

Pourtant selon cette même étude, si le télétravail présente de nombreux avantages, certains n’y trouvent pas leur compte. Ainsi, 33% des salariés déclarent que leur charge de travail a augmenté pendant le confinement et 30% observent une baisse de motivation.

Surcharge de travail, augmentation de la charge mentale, sentiment d’isolement, dégradation du lien social, problèmes informatiques ou encore difficultés de trouver un équilibre entre la vie professionnelle et personnelle : les points négatifs sont nombreux. Si cette pratique est amenée à se développer, les entreprises devront donc réfléchir aux façons d’améliorer ce mode de travail.

Pour le moment, certains groupes comme Twitter ont déjà décidé d’autoriser le télétravail à 100% pour les salariés qui le souhaitent, même une fois la crise passée. D’autres feront sans doute de plus en plus le choix de le proposer de manière ponctuelle, par exemple une ou deux fois par semaine/mois, de façon à profiter de ses avantages (plus de flexibilité, meilleure concentration, etc.) sans les désavantages (isolement, dégradation des liens entre collègues, par exemple).

Des espaces de travail repensés

En France, un salarié sur trois travaille en open-space, selon une étude parue en 2019 de l’observatoire Actineo. Pour limiter la transmission du virus (qui pourrait continuer à se propager pendant encore longtemps), il faut réaménager et repenser les open-spaces. Parmi les mesures prévues par les entreprises pour favoriser la reprise figurent l’installation de plexiglas entre les bureaux, le placement d’une seule personne par bureau ou en quinconce pour respecter 4m² de distance entre les salariés… On peut facilement le constater, il est désormais compliqué de garder les mêmes effectifs en open-space et il faut par conséquent s’adapter.

L’avenir est-il donc au flex office (qui consiste à ne pas attribuer de bureaux fixes aux employés, le salarié s’installe où il le souhaite), combiné au télétravail partiel ? En effet, cette association de méthodes de travail pourrait être une solution pour réduire les effectifs dans les bureaux en open-space, mais aussi pour éviter d’avoir des espaces de travail vides quand d’autres sont plein à craquer. Toutefois, pas sûr que les salariés acceptent l’idée d’abandonner leur espace personnel une fois l’épidémie maîtrisée…

Adapter les relations entre collègues

Adieu serrages de mains et bises, du moins encore pour un certain temps. D’ailleurs, selon un sondage Qapa, 72% des Français déclaraient ne plus vouloir faire la bise à leurs collègues après le confinement. Sans ces rituels de salutation et avec le masque qui couvre la moitié du visage et donc les sourires, mais aussi les bureaux désormais espacés et les fontaines à eau ou les machines à café condamnées, la convivialité et les conversations informelles semblent quelque peu malmenées. Avec la distance sociale à respecter, la peur pour certains d’attraper le virus et peut-être l’émergence du télétravail après la crise, les relations vont être modifiées.

Encore une fois, il va falloir s’adapter pour maintenir les liens entre collègues. On a pu d’ailleurs observer de nouvelles habitudes conviviales émerger pendant le confinement, notamment les apéros ou cafés virtuels. Si le télétravail continue son développement, on observera sans doute davantage de réunions en visioconférence. Les présentations aux nouveaux arrivants intégrés à distance se feront peut-être aussi de plus en plus par vidéo.  

En somme, pour le moment, il faudra patienter encore un peu avant de retrouver les rapports humains d’avant la crise et les sorties au restaurant entre collègues.

Quête de sens

Pour beaucoup, cette crise aura donné lieu à des remises en question plus ou moins fortes. L’enfermement lié au confinement a permis à certains de confirmer leurs aspirations ou d’imaginer l’avenir et leur travail de façon différente, notamment de donner du sens à leurs missions, avoir davantage de flexibilité, plus de temps pour eux et de place pour leur vie privée…

C’est peu dire que cette période inédite a chamboulé les salariés. Si pour certains la crise ne va pas changer grand-chose, d’autres au contraire réfléchissent à des solutions pour réinventer leur vie professionnelle, voire même changer de métier. Les entreprises et les méthodes de management devront alors s’adapter pour garder les collaborateurs et répondre à leurs aspirations.

Repenser les méthodes de management

Justement, avec l’essor du télétravail ces dernières semaines, les méthodes de management ont dû s’adapter rapidement. Celles et ceux qui avaient des équipes à gérer ont pu pendant la crise expérimenter le management à distance et repenser leurs stratégies.

Avec le télétravail qui se développe et la demande croissante de flexibilité, il va falloir réfléchir à de nouvelles méthodes de management et revoir l’organisation de travail, en commençant par les modes de communication (on a pu d’ailleurs observer le succès fulgurant de la visioconférence ces dernières semaines), par exemple en généralisant l’utilisation des plateformes de communication comme Fuze.

De plus, lorsque la totalité ou une partie des collaborateurs est en télétravail, on ne peut plus juger leur productivité par leur présence au bureau : les managers préfèrent alors pratiquer un management par objectifs, c’est-à-dire prendre en compte les résultats obtenus et les rendus du salarié plutôt que de contrôler le temps passé devant l’ordinateur.

D’ailleurs, instaurer un management basé sur la confiance et non la supervision permanente devient primordial. Il faut également encourager l’autonomie, la prise d’initiatives et la responsabilité de son équipe, se centrer plus sur l’humain et l’épanouissement de chacun, ceci notamment afin de booster leur motivation et leur fidélité. Renforcer les softskills des collaborateurs sera également un enjeu crucial afin de renforcer leur singularité et leur talent mais aussi de s’assurer d’être entouré d’équipes proactives, plus souples et soudées. Pour réussir à accompagner son équipe face au changement, la manager va devoir développer des compétences telles que l’écoute, la bienveillance et l’empathie.  

 

Isabelle Pelletant, Directrice Régionale Adjointe, en collaboration avec Noémi Capell.

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