FEMMES ET FILLES DE SCIENCE : OU EN EST-ON EN 2022 ?

Par Pierre Gromada, Directeur Technology Solutions France & Luxembourg, en collaboration avec Noemi Capell

Ce 11 février, nous célébrons la journée internationale des femmes et des filles de science. Si les femmes sont de plus ne plus reconnues dans le monde de la science, les disparités de genre persistent. Explications.
 

Pourquoi célébrons-nous la journée internationale des femmes et des filles de science ?

Commençons par quelques chiffres de l’Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture (UNESCO) :
  • Seulement 33 % des chercheurs sont des femmes, alors qu’elles représentent 45 % et 55 % des étudiants au niveau des études de licence et de maîtrise respectivement, et 44 % en doctorat.
  • Les chercheuses ont tendance à avoir des carrières plus courtes et moins bien rémunérées. Leurs travaux sont sous-représentés dans les revues scientifiques et elles sont souvent écartées des promotions. Elles obtiennent en général des subventions de recherche moins importantes que leurs collègues masculins.
  • Les femmes représentent 70 % des effectifs de santé et de soins sociaux, mais leurs salaires sont de 11 % inférieurs à ceux de leurs homologues masculins.
  • Environ 30 % seulement de toutes les étudiantes choisissent des domaines liés aux STEM (sciences, technologie, ingénierie et mathématiques) dans l'enseignement supérieur.
  • Dans les entreprises spécialisées dans l’innovation de l'intelligence artificielle, seul un professionnel sur cinq est une femme.
  • Malgré la pénurie de compétences dans la majorité des domaines technologiques à l'origine de la quatrième révolution industrielle, les femmes ne représentent encore que 28 % des diplômés en ingénierie et 40 % des diplômés en informatique.

De plus, à travers le monde, le taux de scolarisation des filles est particulièrement faible dans les domaines suivants :

  • Technologies de l'information et des communications : 3 %
  • Sciences naturelles, mathématiques et statistique : 5 %
  • Ingénierie, fabrication et construction : 8 %

Malgré les efforts de la communauté mondiale pour inspirer les femmes et les filles et les intéresser à la science, les inégalités persistent.

Face à ce constat, et afin de sensibiliser le public à cette question, favoriser et accroître la participation des femmes et des filles à la science, l'Assemblée générale des Nations unies a déclaré le 11 février Journée internationale des femmes et des filles de science en 2015.
 

Les femmes et les filles de science à travers le monde

Ce déséquilibre hommes/femmes s’observe d’ailleurs à l’écran. L'étude de 2015 « Préjugés sexistes sans frontières », réalisée par le Geena Davis Institute a montré que, parmi les personnages montrés à l'écran et ayant un travail identifiable aux STEM, 12 % seulement étaient des femmes.

Le manque de modèles scientifiques féminins dans la culture générale comme dans les manuels scolaires explique en partie les disparités, et notamment le faible nombre de filles qui choisissent de s’orienter vers les filières liées aux STEM. 

Lorsque l’on parle de femmes scientifiques, Marie Curie est d’ailleurs malheureusement l’une des seules citées. Pourtant, nombreuses sont les femmes qui se sont illustrées dans leur domaine et ont permis des avancées scientifiques majeures. Reconnaître leur rôle dans la science est un pas de plus vers la parité.

ONU Femmes (l’organisation de l’ONU qui met en œuvre des programmes, des politiques et des normes visant à défendre les droits fondamentaux des femmes) consacre, à l’occasion de la journée des femmes et filles de science, un article sur les scientifiques qui ont contribué grâce à leur expertise à faire évoluer la situation pendant la pandémie. Voici quelques exemples de ces femmes de science :
 

Katalin Karikó

On en a tous entendu parlé car il a permis l’élaboration des vaccins contre la Covid-19 possible : l’ARN Messager. Cette découverte est le fruit des recherches de Katalin Kariko, biochimiste d’origine hongroise et qui occupe actuellement un poste au sein du laboratoire allemand BioNTech.

Pourtant, au début, son idée que l'ARN messager pourrait être utilisé pour lutter contre la maladie peine à convaincre, la communauté scientifique s’intéressant davantage aux recherches sur l’ADN et à la thérapie génique. Ses demandes répétées de financement ont été plusieurs fois rejetées et elle a même été rétrogradée des fonctions qu’elle occupait.

Finalement, Katalin Karikó, aux côtés de Drew Weissman, immunologiste à l'Université de Pennsylvanie, poursuivent leurs recherches et développent une méthode basée sur l’utilisation de l'ARN messager synthétique pour lutter contre la maladie. Cette découverte est maintenant à la base des vaccins utilisés aujourd’hui pour lutter contre la Covid-19 (Pfizer BioNtech et Moderna).

En 2021, Katalin Kariko a obtenu le prix L’Oréal-Unesco « Pour les femmes et la science » ainsi que la Grande Médaille 2021 de l’Académie française des sciences, attribuée tous les deux ans à un savant français ou étranger.
 

Megs Shah et Fairuz Ahmed

Pour lutter contre les violences faites aux femmes qui ont fortement augmenté pendant les périodes de confinement, Megs Shah et Fairuz Ahmed, cadres et entrepreneurs dans le domaine de la Tech, se sont associées à un groupe de survivantes, de défenseurs et de technologues pour lancer The Parasol Cooperative.
Cette technologie, développée par l'organisation à but non lucratif, permet aux prestataires de services et aux victimes de communiquer ensemble en toute sécurité. La coopérative offre également des services éducatifs collaboratifs et des services de mise en réseau entre pairs afin d'améliorer le travail des organisations membres en fournissant des programmes de sécurité pour les populations touchées par la violence domestique.
 

Anika Chebrolu

Si au départ, son projet portait sur la grippe, l’arrivée du nouveau coronavirus Sars-CoV-2 a poussé Anika Chebrolu, jeune américaine de 14 ans, à réorienter sa recherche. Son idée : vérifier si le coronavirus pouvait être affaibli, ou mieux, désactivé par une molécule extérieure. A l’aide d’une simulation numérique regroupant près de 700 millions de molécules, Anika a réussi à isoler une protéine qui, en s’accrochant à la molécule de virus, annule son action virale.
En octobre 2020, Anika a remporté le prix de 3M pour les jeunes scientifiques (3M Young Scientist Challenge). Elle est repartie avec 25 000 dollars pour poursuivre ses recherches.
 

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Auteur

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Pierre Gromada
Directeur Technology Solutions France & Luxembourg

Diplômé d’école de commerce, Pierre a rejoint Hays en 2012. Il a fait partie de l’équipe fondatrice de la branche IT Services de l’entreprise. 
Pierre possède 14 ans d’expérience. Il a démarré sa carrière en Banque sur des fonctions d’Account manager avant d’évoluer vers du pilotage de projets et d’équipes. Il découvre en 2008 le monde du conseil en occupant le poste de Consultant pour une société de services en prestation RH. Quelques années plus tard, il rejoint les rangs d’une multinationale du secteur de la communication/média pour manager une équipe de 30 personnes au sein d’un département spécialisé en outsourcing de service client. Passionné d’entrepreneuriat, il s’établit fin 2012 à Luxembourg, où il rejoint les équipes de Hays afin d’ouvrir la branche Contracting services du groupe. Entre 2012 et 2016, il remporte plusieurs titres de meilleur Account manager et prend la tête du département qu’il a créé sur le périmètre luxembourgeois.
En 2016, Pierre reprend le management de la branche recrutement permanent et en 2017 la direction de Hays au Luxembourg. Son credo est l’alliance entre la performance et la qualité de service. Avec une croissance à deux chiffres depuis 10 ans, Hays est devenu le 1er acteur du recrutement spécialisé au Luxembourg et, en 2020, Hays Luxembourg fut élu Numéro 1 au classement des Great Place to Work Luxembourg. Depuis 2021, Pierre est également le responsable de la branche Technology Solutions au niveau national pour la France et le Luxembourg.

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