LE SYNDROME DU BON ELEVE : C'EST QUOI ET COMMENT S'EN LIBERER ?

LE SYNDROME DU BON ELEVE : C'EST QUOI ET COMMENT S'EN LIBERER ?

 
S’épuiser à en faire toujours plus que ce que l’on demande, ne pas savoir dire non, attendre systématiquement des félicitations et des encouragements de ses supérieurs, passer les intérêts des autres avant les siens…
 
Vous vous reconnaissez dans cette description ? Alors vous êtes peut-être victime du syndrome du « bon élève ». Explications.

Le syndrome du bon élève, qu’est-ce que c’est ?

Habitué à être félicité lorsqu’il était à l’école, le bon élève cherche continuellement l’approbation de ses supérieurs. Il prête une attention disproportionnée aux attentes de ses supérieurs, de ses collègues, de ses amis ou encore de sa famille. Il cherche à anticiper ce que les autres attendent de lui et exécute ses tâches brillamment pour surpasser leurs attentes. Il a peur de mal faire et a appris à suivre les consignes. En somme, il pense qu’en travaillant dur et sans faire de vagues, il va être récompensé pour tous ses efforts.

Malheureusement, si ce comportement fonctionne dans l’univers scolaire, ce n’est plus le cas dans le monde de l’entreprise. S’il continue à se comporter de la sorte, le bon élève se met d’une certaine manière dans une position infantile et passive qui peut nuire à sa santé mentale et même à sa carrière.

Par ailleurs, s’il n’existe pas de profil type du bon élève, ce syndrome touche plus souvent les femmes que les hommes selon certains spécialistes : pour résumer, le monde du travail étant toujours essentiellement dominé par des hommes, les femmes cherchent davantage à faire plaisir et à exceller pour prouver qu’elles ont leur place dans leur entreprise. Résultat, elles sont plus nombreuses à adopter une posture de bonne élève.

En quoi ça pose problème ?

Être bon élève n’est pas le meilleur des atouts en entreprise. Si la fiabilité et l’efficacité sont certes des soft skills appréciées des managers, cela ne suffit pas dans le monde professionnel qui n’attend pas le même comportement qu’à l’école.

D’autres valeurs sont attendues et appréciées, telles que la prise d’initiative, l’assertivité, la proactivité, l’intelligence émotionnelle, la capacité à innover et à coopérer avec les autres. 

Une évolution professionnelle en peine

Le bon élève n’a pas saisi que les critères de réussite en entreprise ne sont plus les mêmes qu’à l’école. 

S’il a appris à obéir et respecter les règles pour être le meilleur de la classe, cela n’est pas suffisant pour faire évoluer sa carrière et gravir les échelons. Faire simplement ce qu’on attend de lui ne suffit plus. 

Cette docilité, cette incapacité à se mettre en avant et cette tendance à chercher à s’adapter aux attentes extérieures, freinent son évolution professionnelle. Puisqu’il travaille bien, et même très bien, il pense qu’on va lui proposer une promotion ou une augmentation pour le récompenser du travail accompli. Or, il est capital de savoir les demander et se faire remarquer, en montrant qu’on a conscience de sa valeur ajoutée. 

Un risque d’épuisement

En bon élève, le salarié ne veut pas faire de vagues. Il exécute et se donne à fond pour plaire à son équipe ou à son manager. Puisqu’on sait de lui qu’il travaille bien, qu’il est docile et fiable, on lui confie donc plus de dossiers que les autres, on se tourne vers lui lorsqu’il faut fournir un effort conséquent en urgence, généralement sans que cela se répercute sur sa rémunération.

Malheureusement, le bon élève s’épuise : puisqu’il a appris à l’école que les efforts payent, il est très exigeant envers lui-même. C’est comme ça qu’il avait de bonnes notes à l’école ! Résultat, pour obtenir des félicitations ou une récompense qui ne viennent pas toujours, il se frustre et s’épuise à la tâche car il a l’impression de devoir toujours en faire plus pour prouver sa valeur. 

S’il ne met pas un frein à cette situation, le bon élève s’expose au burnout et à l’épuisement. C’est d’ailleurs ce que souligne Le Monde dans un article de 2015 : « Entraînant l’angoisse de ne pas être à la hauteur, une imagination fertile sur ce qui serait supposé plaire au chef, l’attitude de premier de la classe est aussi l’antichambre du burnout. Elle met l’individu sous pression, ses critères personnels d’exigence étant bien supérieurs à ceux qui lui sont fixés. » 

Nos conseils pour s’affranchir du syndrome du bon élève 

Alors, que faire pour arrêter de s’épuiser à la tâche et enfin faire évoluer sa carrière ? Voici nos conseils :

S’affranchir des attentes des autres et de son statut de bon élève

Vous n’êtes plus à l’école et votre manager n’est pas votre professeur. Il n’est pas omnipotent : rappelez-vous qu’il ne sait pas tout et que vous êtes un expert dans votre domaine. 

Reconnectez-vous également à vos attentes personnelles en vous affranchissant de celles des autres : qu’aimez-vous réellement faire dans cette entreprise ? Qu’est-ce qu’un bon travail selon vous ? Quels sont vos objectifs à moyen et long terme ? Ensuite, faites le point sur votre situation : est-il normal que vous gériez une partie du travail de votre collègue ou que vous deviez toujours repasser derrière lui, alors que vous avez vos propres tâches à effectuer ? 

Prendre conscience de ses atouts pour se mettre en avant

A force de vouloir s’adapter aux attentes des autres, on peut s’oublier soi-même. Pourtant, pour faire évoluer sa carrière, il faut bien se connaître et identifier ses atouts. En quoi êtes-vous particulièrement doué ? Qu’est-ce qui vous motive ? Quelle réalisation vous rend le plus fier ?

Une fois vos atouts identifiés, faites-les connaître autour de vous. Pensez aux actions et aux réalisations qui peuvent vous aider à vous démarquer, ainsi qu’à vos soft skills, notamment votre capacité à faire preuve de créativité, à comprendre les enjeux d’un projet, votre capacité à collaborer et communiquer avec votre équipe, etc. 

Par ailleurs, l’entretien annuel est l’occasion idéale pour faire le point sur vos objectifs et mettre en avant vos réussites ! Parlez aussi de votre envie de monter en compétences et des formations que vous jugez pertinentes : vous devez montrer votre envie de vous impliquer dans votre entreprise et d’évoluer professionnellement.  

Développer sa capacité à réseauter

L’un des problèmes des bons élèves est leur incapacité à se mettre en avant et à faire connaître leur savoir-faire. Pour se sortir de cette image de bon élève et être repéré par ses pairs, il faut travailler son image professionnelle. De plus, savoir réseauter vous aidera à recueillir les informations qui vous permettront d’améliorer votre stratégie de positionnement. Faites savoir aux autres vos compétences et votre valeur, cela vous servira tout au long de votre carrière !

Apprendre à dire non 

Vous vous en doutez, il faut apprendre à dire non. Car si vous n’osez pas, le risque est que vos collaborateurs prennent l’habitude de vous confier leurs tâches importantes, voire de les bâcler, car ils savent pertinemment que vous allez repasser derrière eux. 

Si certes, la solidarité et l’entraide sont capitales au sein d’une équipe, il faut néanmoins savoir oser dire non. Cela vous aidera à prioriser les tâches et ne pas vous retrouver débordé, et donc être sous pression. Prenez soin de votre santé mentale !

Observer les réactions de son équipe

Ecoutez les feedbacks de votre équipe et en particulier de votre manager. Si, lorsque vous finissez un projet, votre manager ou un collègue s’étonne de l’ampleur du travail accompli, cela devrait vous mettre la puce à l’oreille : c’est le signe que vous en avez peut-être trop fait et que vous pourriez lâcher un peu de lest. Faire du bon travail oui, mais chercher inlassablement à dépasser les attentes de votre N+1 peut vous conduire à l’épuisement.
 
Isabelle Pelletant, Directrice Regionale, en collaboration avec Noémi Capell.
 
 
Diplômée d’une Grande École de Commerce, Isabelle présente une expertise de 18 ans dans le monde du conseil.
Elle débute son parcours par quatre ans dans le conseil en organisation de grands groupes. Elle y réalise des missions d’audits organisationnels et opérationnels, accompagnant ainsi des Directeurs de services et Directeurs Généraux dans l’optimisation de leurs process.
Arrivée chez Hays en 2007 comme consultante, elle crée le bureau Hays de Montpellier en 2009 dont elle prend le management. En parallèle, elle intervient sur l’ensemble du sud de la France sur des missions de conseil en ressources humaines. En 2019, elle devient Directrice Régionale Occitanie-Auvergne, chapeautant les bureaux de Toulouse, Montpellier et Clermont-Ferrand.
Depuis 14 ans chez Hays, elle accompagne des entreprises de toute taille et de tout secteur (public, privé, parapublic) sur leurs problématiques de recrutement, d’organisation ou d’études RH.
 

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