30 % des pères ne profitent pas de leur congé paternité

30 % DES PÈRES NE PROFITENT PAS DE LEUR CONGÉ PATERNITÉ

 
La journée mondiale des parents, célébrée tous les ans le 1er juin pour mettre à l’honneur les parents du monde entier, est l’occasion de faire le bilan sur la parentalité en entreprise, et dans cet article, sur le congé paternité. 

Si le congé maternité a été créé en 1909, il faudra attendre 2002 pour que les pères puissent bénéficier du congé paternité, notamment dans le but de favoriser l’investissement des pères et de promouvoir l’égalité au sein du couple. C’est d’abord 11 jours consécutifs à prendre dans les mois suivant la naissance. Puis en juillet 2021, ce congé est passé à 25 jours fractionnables (dont 4 jours obligatoires).

Pourtant, malgré cette avancée, près d’un tiers des papas ne profitent pas de ce congé pour s’occuper de leur nouveau-né. Pourquoi cette réticence ? Qui profite le plus de ce congé ? Eléments de réponse dans cet article.


Le congé paternité n'est pas un réflexe pour tous 


Selon une étude du Céreq (Centre d'études et de recherches sur les qualifications), un établissement public sous tutelle du ministère du Travail, depuis vingt ans, le nombre de pères prenant ce congé reste stable, même si « les normes égalitaires ont progressé et la spécialisation des rôles s’est atténuée », en particulier chez les jeunes couples. Résultat aujourd’hui, comme depuis deux décennies, 3 pères sur 10 ne prennent pas de congé paternité.

Les auteurs de l’étude constatent des disparités selon la position des pères sur le marché de l’emploi. Ainsi, 87 % des salariés en CDI prennent au moins partiellement ces jours de congés, contre 65 % des CDD et 33 % des indépendants.    
    
Ce qu’observe le Céreq, c’est que pour les pères en situation plus précaire, notamment ceux en CDD ou en Travail Temporaire, ce « non-recours peut s’expliquer par un sentiment d’illégitimité ou par la difficulté d’anticiper les périodes d’emploi et de non-emploi ». 
 
« 87 % des salariés en CDI prennent au moins partiellement ces jours de congés, contre 65 % des CDD et 33 % des indépendants. »     

La méconnaissance de leurs droits peut également être un frein, certains se pensant à tort inéligibles, quand d’autres préfèrent simplement attendre la fin de leur contrat pour profiter pleinement de leur temps libre avec leur enfant. 


Des disparités selon le niveau de rémunération 


La précarité de l’emploi est donc un obstacle important, tout comme le niveau de revenus. D’après les résultats du Céreq, ce sont les deux extrémités de la distribution des revenus professionnels qui prennent le moins ce congé.

D’un côté, seuls 67 % des 20 % des pères les plus modestes prennent ces jours de repos qui leur sont dus. Selon les auteurs de l’étude, « ceux en situation de précarité financière ne se trouvent pas dans une position favorable pour négocier le recours au congé auprès de leur employeur ». La crainte des conséquences sur la carrière professionnelle peut aussi freiner.

A l’autre extrémité, seuls 73 % des mieux rémunérés en profitent. Ceux qui occupent des postes à responsabilités peuvent se sentir davantage indispensables à l’entreprise et sont donc réfractaires à l’idée de quitter leur poste pour quelques semaines, notamment lorsqu’ils exercent un poste de direction. 

Du reste, les indemnités journalières versées dans le cadre du congé paternité étant plafonnées, les actifs les mieux payés peuvent redouter une perte de revenus.
A contrario, la quasi-totalité des pères gagnant entre 2 500 et 2 900 euros font valoir ce droit (98 %).  


La taille de l’entreprise et l’ancienneté comptent aussi


D’autres facteurs entrent en jeu, notamment la taille de l’entreprise et l’ancienneté. 

Ainsi, « les pères ayant moins d’un an d’ancienneté dans l’entreprise ont 3 fois moins de chances de recourir au congé de paternité que ceux étant présents depuis deux ans ou plus », selon le Céreq. Pourtant, le droit au congé paternité est ouvert sans condition d’ancienneté. 

La taille de l’entreprise fait également pencher la balance, car 88 % des salariés de grandes entreprises (soit de plus de 200 personnes) ont recours à ces jours de repos, contre seulement 79 % des pères qui travaillent dans des structures de moins de 50 personnes.

En effet dans les petites entreprises, trouver un remplaçant ou répartir la charge de travail entre les collègues pendant l’absence du salarié s’avère plus complexe et peut donc expliquer en partie ces réticences.


Le congé paternité : rappel de la loi


Baptisé officiellement « congé de paternité et d'accueil de l'enfant », ce congé destiné au père ou au co-parent de l'enfant est réservé aux salariés, qu’ils soient en CDD, CDI ou en contrat temporaire. Il n'y a aucune condition d'ancienneté pour y avoir droit. 

Sa durée est de 25 jours calendaires au plus (samedi, dimanche et jour férié compris) pour la naissance d’un enfant. Dans le cas de naissances multiples, il passe à 32 jours calendaires. Dans les deux cas, il s’ajoute aux 3 jours de naissance. 

A noter : ces congés peuvent débuter immédiatement après ces 3 jours ou à un autre moment (sachant qu’un minimum de 4 jours calendaires est obligatoire après la naissance), mais impérativement dans les 6 mois qui suivent la naissance de l’enfant. Ils peuvent être pris d'un coup, ou de manière fractionnée. 

Chez Hays, pour garantir une vraie équité, dans les couples homoparentaux femmes, la mère non biologique bénéficie également du « congé paternité ». Les couples homoparentaux hommes ont quant à eux droit aux mêmes conditions que pour l’adoption d’un enfant.  
 
Nicholas Ling-Lloyd, Directeur Paris, en collaboration avec Noémi Capell.

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